Bob le fou,
Né en l'an de grâce
1979 après la grande supercherie (ou en 24 après mon père pour les
connaisseurs), |
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C'est ce grand monsieur aux
cheveux blancs qui, pour mes 15 ans (époque du lycée, bravo à ceux qui
suivent), me présente mon premier amour : une vieille coréenne classique, qui
était loin d'être vierge, mais qui savait s'arranger... Dès lors, elle passe
au moins deux heures par jour dans mes bras, et je la traîne partout dans mon
sillage. Combien de soirées lycéennes ai-je animé de chansons massacrées sur
ma guitare désaccordée ? Combien de nuits autour du feu ai-je passé à
gratter des fausses notes, pendant que mes potes, moins musiciens mais plus dégourdis,
grattaient autre chose... Elle a tout fait cette guitare, et moi avec.
Ensuite, la fac. Un peu plus de
moyens, et donc une entrée à l'école de musique, en formation Jazz. Déception,
ces gens aiment la technique, pas la musique. Cependant, cette première expérience
me mène à ma première scène. A la fin d'un de leurs concerts, nos profs nous
ouvrent la scène... Je vous la situe, la scène : concert de jazz, deux heures
de jazz, de jazz technique. Fin du concert. Nous remarquons dans le public une
dizaine de personnes, sans doute eux-mêmes musiciens, qui ont leurs yeux écarquillés
d'émerveillement. Les 240 autres personnes dorment profondément. Nous entrons
en scène. Deux morceaux blues rock, rythmiques et mélodies simples, mais qui
sonnent. Applaudissements, acclamations. Succès facile, mais tellement agréable.
Puis le temps défile à toute
allure. Premier groupe, chant, guitare électrique et basse. "Les Nimps"
avec mon meilleur ami à la batterie, et un autre meilleur ami à la guitare et
basse (on alternait). Concerts de rock en salles des fêtes et autres
anniversaires. Cinq ans de vie pour tout un tas de reprises et peut-être trois
ou quatre compo... Mais pour tellement de plaisirs !
Puis les amis s'en vont, et la
guitare est remisée dans un coin. Pas longtemps, le temps d'un premier accident
de parcours, d'une première déception amoureuse. Et elle revient en force pour
hurler le blues de cette vie imparfaite... La musique ou les anti-dépresseurs,
camarade j'ai choisi mon camp.
En 2004, je rencontre Marc
Delmas, personnage étonnant. La preuve : il m'aime tout de suite. Plus tard, le
"Blues Petrole" a besoin d'un bassiste en remplacement. Je rencontre
alors Etienne Delmas, le frère de l'autre, et Marco, le banquier de l'autre, étonnant
vous dis-je. Ça donne à peu près ceci :
- "Je ne suis pas
bassiste, je suis guitariste."
- "On s'en fout, c'est une
question de feeling. Prends ça et joue !"
- "Bon d'accord..."
Depuis je suis le bassiste du
"Blues Petrole". Sans doute un des seuls bassistes au monde à jouer
en allers-retours avec un médiator. Peu importe, on joue le "Blues Petrole".
Le "Blues Petrole", ce n'est pas de la technique, c'est du vécu...
Bob.
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